Fresquîle : la totale !

14 Aug 15

 

Que vous soyez résident ou simplement de passage à Nantes, vous êtes forcément passé par les Hangars. C'est o-bli-gé ! Et vous n'avez pas pu passer à côté du fait que le pignon du Hangar 20, face à la Cantine, ait pris quelques couleurs.

Voilà un mois déjà que l'aventure s'est terminée, mais l'idée a commencé à germer il y a environ un an. Eh oui, un projet de cette envergure ne se fait pas comme ça ! Et si vous voulez tout savoir, l'idée vient d'une enseignante d'Anglais du Pôle des Arts de la Joliverie qui nous a approché lors d'un salon. Amoureuse de la ville et un peu de ses élèves, elle souhaitait que les lycéens soient initiés au street-art, mais avec une dimension peut-être plus réelle que simplement un cours théorique. Nous mêmes acteurs dans le street-art nantais et ses alentours, participer à cela ne pouvait que nous plaire, et nous sommes tout de suite tombé d'accord pour raconter l'histoire passée, présente et future de la Cité des Ducs. Voilà, c'est ainsi que tout a commencé.

Une des difficultés du projet, fut de trouver un mur. Il y a évidemment les murs libres disséminés dans la ville, mais nos esprits de designers souhaitaient un lieu un peu plus particulier dans le paysage nantais pour faire écho à la fresque nous voulions réaliser. Et nous grâce au concours du Port Autonome Nantes Saint-Nazaire, nous avons la perle rare que nous cherchions, car les Hangars à Banane situés dans une zone appelée à renaître sont riches d'Histoire.

Et c'est au printemps que nous avons enfin pu rencontrer les élèves de la Joliverie, recrutés sur des critères de motivation, afin de débuter leur initiation au street-art. En quatre rencontres, nous leur avons raconté l'Histoire du street-art, ils nous on raconté à leur tour ce qu'ils aimeraient voir figurer dans la fresque, et nous les avons accompagné dans la prise en main de la peinture aérosol. Tous aussi bourrés d'idées les uns que les autres, les propositions d’éléments et de compositions se sont enchaînées.

Tout étant prêt, les travaux ont pu commencer le 29 juin, et le graffeur Ador tout juste revenu des États-Unis, a pu se joindre aux élèves de la Joliverie et nous. Et la semaine est passée très vite. Oui, oui, il fallait recouvrir le mur en une semaine – week-end non compris. Et dès ce premier jour, la fresque démarre sur les chapeaux de roues. Au matin les tracés sont réalisés à la craie pour être bien certain des proportions, et l'après midi, c'est à grands coups de rouleaux que les grands aplats donnent des couleurs au mur qui perd de sa grisaille en quelques heures. Si vous avez fais un aller-retour dans le coin cette après-midi là, vous avez pu constater qu'en une heure le Hangar 20 était transformé.

Mardi, souvenez-vous, ce fameux jour de canicule qui concluait le mois de juin, nous nous sommes attaqués aux éléments principaux de la fresque, et la Tour Lu, le globe à facettes et la banane avaient bien avancés. Le lendemain, c'est tout en continuant ce qui avait été entamé, c'est la bouteille messagère et le filet fourre-tout qui ont pris davantage forme. Jeudi fut consacré aux détails, et le dernier jour aux finitions. La différence entre les deux ? La minutie et l'excitation du vernissage à venir. Ainsi que l'émotion chaque fois que nous songions au fait que l'aventure allait bientôt prendre fin. Nous avions beaux être sérieux dans la tâche à accomplir, ce fut tout de même une semaine de fête où nous avons beaucoup, mais alors beaucoup rigolé. D'ailleurs nous ne pouvons nous empêcher de sourire avec certaine nostalgie chaque fois que nous passons devant cette fresque.

Cette fresque qui, rappelons le, raconte l'histoire passée, présente et future de Nantes. On y trouve la Tour Lu avec des BN et des berlingots, une boule à facettes pour la festivité nocturne de la Cité des Ducs, surmontée d'une « carte » où on trouve Le Nid, le tram, le Titan, une banane scarifiée pleine d'architecture où se cachent le loup, le renard et la belette, une bouteille portant un parchemin signé par le cœur d'Anne de Bretagne façon steampunk à la Jules Verne, et enfin un filet de pêche fourre-tout et un plateau où on peut trouver les anneaux de Buren, un lampadaire qui représente un aspect du quai de la Fosse, sirène, sous-marin, patins à roulettes, et tout ce qui peut représenter Nantes de près ou de loin. On ne va pas tout vous dire tout de même ! On vous laisse découvrir le reste...