Article 20 minutes / BIESSE

24 Sep 18

  • Une fresque colorée, de dix mètres de haut, a été peinte le long de la Loire.
  • Elle vise à mettre en lumière la rue Biesse, un axe historique de la ville de Nantes.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne passe pas inaperçue. Cet été, une gigantesque fresque jaune et bleue a poussé sur le pignon d’un immeuble de l‘île de Nantes, près de l’arrêt de tram Vincent-Gâche. Une œuvre aux dimensions monumentales (une dizaine de mètres de haut), visible même de l’autre côté de la Loire, qui a surpris de nombreux Nantais, à leur retour de vacances. « C’est original et plutôt joli, constate l’un d’eux. Mais pourquoi est-elle là ? »

Pour une fois, ce n’est pas du côté du Voyage à Nantes qu’il faut chercher la réponse mais auprès de la Samoa, la société d’aménagement de l’île de Nantes. Depuis plusieurs mois, avec les riverains et les commerçants, elle travaille sur Ilotopia, un projet de réaménagement de l’espace urbain du quartier République, dont les rues Grande et Petite-Biesse. Ces lettres peintes de six mètres de haut marquent leur entrée.

 

« Tout le monde ne sait pas qu’il s’agit d’un axe historique de la ville, la seule ligne de ponts qui permettait à l’époque de passer du nord au sud, raconte Lenaïc Le Bars, responsable de la concertation au sein de la Samoa. Une rue où se sont installés commerces et cafés et qui est devenue très passante, mais qu’il faut aujourd’hui redynamiser. »

« Un phare dans la ville »

Ce sont les designers nantais de l’agence Katra qui ont été choisis pour répondre à cette mission. Et avec l’artiste Super Ape, ils ont mis en place tout un marquage urbain, détourné du mobilier, et réalisé ces fresques murales, donc, (une deuxième, moins exposée, est visible place Wattignies) pour mettre un (sacré gros) coup de projecteur sur le quartier.

« Cette fresque, c’est comme un phare dans la ville, estime Antoine Gripay, directeur de création du studio Katra. L’objectif est que, comme le Hangar ou le Parc des chantiers, Biesse soit identifiable et connu par tous les habitants. Sur la fresque, il y a plein de références historiques, comme les Vikings qui s’installèrent sur l’île, les passerelles et ponts en bois qui permettaient d’enjamber les différentes îles. Un peu plus loin dans la rue, il y a des explications pour ceux qui veulent en savoir davantage. »

Une œuvre pérenne ?

La peinture, qui a nécessité cinq jours de travail, a été validée par la copropriété de l’immeuble et par Nantes métropole. « Cette expérimentation va durer un an, continue Lénaïc Le Bars. Pour l’instant, les retours des habitants et des commerçants sont très bons mais on s’engage à remettre le mur à son état d’origine si besoin. »

Quoi qu’il en soit, la démarche devrait donner lieu à des travaux futurs dans la rue, comme un élargissement des trottoirs, des plantations, ou l’aménagement d’une circulation douce. De quoi donner envie aux badauds de plus en plus nombreux sur les berges (en plein réaménagement elles aussi) de continuer la promenade.